Le site du Parti Socialiste de Tours Centre

Européennes : au bord du KO

Triste résultat des élections européennes marquées par une abstention record, la poussée des populismes et le recul des partis de gouvernement, le tout sur fond de découragement et parfois de colère.

 

Avec 13,9% des voix et environ 5,5% des inscrits, le Parti Socialiste subit une déroute historique. A contrario, en se maintenant en nombre de voix, le Front national enregistre mécaniquement une percée spectaculaire à ces élections européennes. Cette défaite vient de loin. Elle ne doit rien au hasard. Elle répond à des logiques profondes et redoutables.

 

Mesurons l’ampleur du séisme politique des élections européennes en France : le 25 mai 2014 est bien plus grave que le 21 avril 2002.

 

Pour trois raisons :

 

D’abord parce que la victoire historique du FN dans un scrutin national ne provoque pas de réaction collective, comme si l’encéphalogramme démocratique restait désespérément plat, là où le 21 avril avait conduit une partie de la société française, notamment de sa jeunesse, à sortir dans la rue et la gauche à se battre pour permettre la victoire de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen.

 

La société française a donc choisi une forme de « laisser-faire ». En conscience. Alors que les sondages annonçaient assez précisément l’ampleur du vote FN, donné à 24 % vendredi soir par l’ultime enquête Ipsos-Steria, les électeurs de la droite et de la gauche républicaine, plus encore, ont laissé le parti d’extrême droite l’emporter. Là où les électeurs FN se sont mobilisés, par conviction, la « génération » du 21 avril – celle qui a trente ans aujourd’hui – apparaît totalement désabusée, et le FN peut se présenter tranquillement comme le parti leader parmi les 18-35 ans. La stratégie de « dédiabolisation » du Front national, portée par Marine Le Pen, a donc porté ses fruits.

 

Deuxième raison : le 25 mai marque aussi une nouvelle défaite des partis dits de gouvernement. Dans la tectonique des plaques politiques, le mouvement engagé par le FN n’a pas fini de provoquer des répliques et de fracturer ce qui reste de la politique d’« endiguement » de l’extrême droite. Après les élections municipales, les européennes, ce seront les régionales, probablement à l’automne 2015, avec une droite profondément divisée, et une gauche anémique,

 

Troisième raison, la plus grave. Le 25 mai rend plus illusoire encore la réforme de la société française. Que peut donc faire François Hollande après un désaveu aussi profond ? Comment peut-il gouverner avec une majorité politique aussi fragile ? Comment assumer et porter l’effort de rigueur budgétaire, là où pour l’instant il n’en est resté qu’aux préliminaires ? François Hollande peut-il relancer ce qu’il reste de son quinquennat sur une réforme structurelle ? Et notamment sur la grande réforme territoriale, désormais présentée comme la mère des batailles pour permettre d’engager la baisse des déficits ? Le chef de l’Etat va devoir s’opposer à ses troupes d’élus, à une droite d’autant plus combative qu’elle va regagner la plupart des pouvoirs locaux, et à tous les lobbies possibles, du BTP aux syndicats de fonctionnaires territoriaux. Il va devoir se plonger dans le Meccano des équilibres locaux, des usines à gaz des collectivités, des identités locales, notamment départementales – très loin des préoccupations exprimées par les Français.

 

Dans l’opinion, François Hollande est passé au-delà de la colère, il relève désormais d’une forme d’indifférence – le pire qui puisse aujourd’hui arriver à un homme politique, tant celle-ci signe son impuissance.

 

Le chaos règne à droite. Le KO menace la gauche. Il est temps d’agir !

 

Dans notre Eurorégion Massif Central – Centre, seul notre candidat Jean-Paul Denanot  est élu avec un score de 15,82%, légèrement mieux que notre moyenne nationale.  Autre satisfaction, l’ensemble des grandes villes du centre ont mieux résisté qu’ailleurs à la vague frontiste.

 

A Tours, maigre satisfaction également, notre parti fait mieux qu’ailleurs puisqu’il obtient 16,09 % des voix. On retiendra également les 4,33% de Nouvelle Donne… Vous trouverez ci-après l’ensemble des résultats sur notre ville.

 

                 Résultats à Tours

 

Listes

Voix

% Exprimés

COMMUNISTES (LEXG)

0

0,00

EUROPE DECROISSANCE (LDIV)

15

0,05

ESPÉRANTO LANGUE COMMUNE EQUITABLE POUR L’EUROPE (LDIV)

53

0,16

LISTE BLEU MARINE – NON A BRUXELLES, OUI A LA FRANCE (LFN)

5 313

16,47

NOUS CITOYENS (LDVD)

612

1,90

POUR LA FRANCE, AGIR EN EUROPE AVEC BRICE HORTEFEUX (LUMP)

6 132

19,01

EUROPE CITOYENNE (LDIV)

206

0,64

NOUVELLE DONNE (LDVG)

1 398

4,33

SYNDICAT DE LUTTE CONTRE LES BANQUES (LEXG)

3

0,01

CHOISIR NOTRE EUROPE (LUG)

5 191

16,09

PIRATONS L’EUROPE (LDIV)

25

0,08

FÉMINISTES POUR UNE EUROPE SOLIDAIRE (LDIV)

28

0,09

ALLIANCE ECOLOGISTE INDEPENDANTE (LDIV)

628

1,95

LUTTE OUVRIERE FAIRE ENTENDRE LE CAMP DES TRAVAILLEURS (LEXG)

355

1,10

POUR UNE FRANCE ROYALE AU COEUR DE L’EUROPE (LDVD)

19

0,06

FORCE VIE (LDVD)

1

0,00

PARTI FÉDÉRALISTE EUROPÉEN (LDIV)

34

0,11

DEBOUT LA FRANCE ! NI SYSTEME, NI EXTRÊMES, AVEC NICOLAS DUPONT-AIGNAN (LDVD)

1 093

3,39

FRONT DE GAUCHE (LFG)

1 947

6,04

UPR MASSIF-CENTRAL-CENTRE (LDIV)

137

0,42

RÉGIONS ET PEUPLES SOLIDAIRES (LDIV)

51

0,16

EUROPE ECOLOGIE (LVEC)

3 857

11,96

CITOYENS DU VOTE BLANC (LDIV)

271

0,84

DÉMOCRATIE REELLE (LDIV)

3

0,01

UDI MODEM LES EUROPEENS. LISTE SOUTENUE PAR FRANÇOIS BAYROU ET JEAN-LOUIS BORLOO (LUC)

4 883

15,14

 

 

 

 

Nombre

% Inscrits

% Votants

Inscrits

77 437

Abstentions

44 346

57,27

Votants

33 091

42,73

Blancs

510

0,66

1,54

Nuls

326

0,42

0,99

Exprimés

32 255

41,65

97,47

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Europe2